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3 clés pour évaluer rapidement l'objectivité d'un article sur le web

Catégorie : AMOA web 

Dans le cadre de l'accompagnement d'entreprises dans leurs projets de développement web, nos consultants web rencontrent de plus en plus régulièrement des clients qui se sont renseignés en ligne sur différentes technologies et produits pouvant convenir à leurs besoins et qui arrivent vers nous avec des idées plus que surprenantes : Wordpress serait peu adaptable, node.js mal sécurisé, Drupal trop cher ... 

 

L'effet que les médecins nomment "doctissimo" pour désigner l'auto-diagnositic auquel s'adonnent leurs patients via le net, s'étendrait-il au métier de consultant web !

 

Et en effet, de nombreux articles du net tentent de convaincre leurs lecteurs de l'utilité révolutionnaire d'une technologie ou d'un produit via une stratégie de publicité moins frontale : l'affliliation, le sponsoring d'article et l'évangélisme technologique. Ces outils commerciaux sont très efficaces et de plus en plus utilisés si bien qu'il devient maintenant nécessaire de savoir identifier l'objectivité d'un article en ligne. 

Cet article est issu d'un atelier que nous avons mené dans le cadre d'une mission d'AMOA web pour un projet de plateforme de connaissances en ligne. Nous avons partagé notre expérience sur cet atelier dans ce post.

1 → Trouver le business model du site

La création d'un article en ligne est longue et elle est très rarement gratuite. Comment l'article est-il rentabilisé ? Les annonces payantes sont-elles très nombreuses ou inexistantes ? Le référencement est-il ultra optimisé (avec par exemple la répétition à outrance d'un mot clé), l'article est-il sponsorisé ?

 

Pour cela il suffit de prendre un peu de recul et de comprendre comment l'article est monétisé. Il existe 3 grand types de monétisation d'un contenu sur le web, les voici classés du plus biaisé au moins biaisé :

1 - l'affiliation, le sponsoring ou le netlinking : l'auteur est payé pour mettre en valeur les produits d'un autre client de façon occasionelle ou récurrente.

2 - la publicité directe : l'auteur est rémunéré par des annonces publicitaires affichées à côté de son contenu mais clairement identifiables.

3 - l'abonnement : l'information est payée par le lecteur grâce à un abonnement

La plus dangeureuse est la première car il y a une partialité de l'information assez difficile à détecter. Elle peut passer inaperçue si elle est bien faite. La différence entre un auteur réellement convaincu et un auteur payé est parfois ténue car les annonceurs choisissent des influenceurs déjà convaincus et très convainquants ! 

La seconde - la pub - est plus visible et n'altère pas directement le contenu mais l'auteur essaiera d'optimiser son exposition pour avoir un revenu optimal. Il sera sûrement amené à créer des contenus grand public parfois au détriment du sens et de la valeur technique. Si les sites avec trop d'annonces publicitaires sont à fuire, sur des sujets techniques parfois pointus, les sites avec des espaces publicitaires raisonnables sont souvent "de confiance". Dans la mesure où la distinction entre la publicité et le contenu éditorial reste bien visible, ce modèle est sain pour la qualité de l'information.

La dernière méthode, l'abonnement, garantit souvent une meilleure impartialité et est un gage de qualité même s'il arrive de payer pour un contenu peu objectif... 

 

 

2 → Vérifier la signature du contenu

Le contenu est-il signé, l'auteur est-il connu, le nom de domaine est-il fiable, qui est le directeur/trice de publication ?

La signature d'un contenu web présente plusieurs aspects.

D'abord, porter votre attention sur le nom de domaine : qui édite cet article ? Le site propulsant ce contentu est-il fiable ? Pour plus d'informations, il suffit de regarder les mentions légales. Le directeur de publication doit être nommé. C'est lui le responsable du contenu. Attention certains journaux utilisent leur notoriété pour déléguer des blogs à des personnes dont ils ne contrôlent pas forcément le contenu. Ainsi même sur des noms de domaines dérivés de grands journaux, on peut trouver des articles biaisés.

Ensuite bien évidemment, l'auteur est à étudier. S'il est nommé, c'est le point de départ essentiel de l'évaluation de fiabilité. Une recherche rapide sur le nom de l'auteur permet d'évaluer sa notoriété et son éventuel parti pris. Vous tomberez vite sur son profil LinkedIn et identifirez son employeur. 

Enfin, en vous reportant aux mentions légales du site, vous pourriez bien tomber sur ce genre de d'information : 

 Et oui, ce site est un bras d'Amazon !

 

3 → Evaluer la qualité externe du contenu

La mise en page est-elle propre ? Le langage est-il soutenu ? Y-a-t-il des fautes d'orthographe, des illustrations uniques ? 

Le soin apporté à la mise en page reflète souvent la qualité du contenu. C'est un indicateur rapide et souvent pertinent du biais de l'article. Ce qui ne veut pas dire qu'un article bien présenté est forcément un article de bonne qualité ! 

Attachez-vous donc au style, à la présentation, à l'orthographe, à la qualité des images.

 

 

Des lecteurs sont revenus vers nous étonnés que nous ne mentionnions pas la popularité d'un article comme critère de fiabilité (le nombre de likes, de partages). Ce n'est pas un oubli car à nos yeux ce n'est pas un critère intéressant d'objectivité.

 

Pour illustrer notre propos, voici 3 liens tirés de notre vraie expérience à évaluer ( attention il y a des pièges !)

https://branchez-vous.com/2013/11/26/infobesite-et-big-data-une-question-vieille-comme-le-monde/

https://theconversation.com/the-real-story-of-the-barbie-doll-strong-female-leadership-behind-the-scenes-118708

https://thetechnologyreport.net/category/technology-news/

 

Solutions

 

Cet article est issu d'un atelier que nous avons mené dans le cadre d'une mission d'AMOA web pour un projet de plateforme de connaissances en ligne. Nous avons partagé notre expérience sur cet atelier dans ce post.

 

Merci à Matthew Guay pour l'illustration !